Les suppléments vitaminiques peuvent-ils interagir avec les médicaments ?
Les suppléments vitaminiques peuvent-ils prévenir les maladies chroniques ?
Les suppléments de vitamines peuvent jouer un rôle dans la prévention de certaines maladies chroniques, en particulier lorsqu’ils répondent à des carences nutritionnelles spécifiques. Cependant, leur efficacité dans la prévention des maladies chroniques dans la population générale fait encore l’objet de recherches et de débats en cours.
Maladie cardiovasculaire :
Certaines études suggèrent que certaines vitamines, en particulier celles ayant des propriétés antioxydantes comme les vitamines C, E et le bêta-carotène, pourraient contribuer à réduire le risque de maladies cardiovasculaires en prévenant les dommages oxydatifs des artères. Cependant, des études à grande échelle ont produit des résultats mitigés, certaines ne montrant aucun bénéfice significatif de la supplémentation en vitamines dans la prévention des maladies cardiaques. L'American Heart Association recommande d'obtenir ces nutriments principalement à partir d'une alimentation saine plutôt que de suppléments (Bjelakovic et al., 2012).
Santé des os :
La vitamine D et le calcium sont reconnus comme nutriments essentiels à la santé des os. Un apport adéquat de ces nutriments aide à prévenir l’ostéoporose et les fractures, en particulier chez les personnes âgées. La vitamine D facilite l’absorption du calcium dans l’intestin, tandis que le calcium constitue les éléments constitutifs de la solidité des os. Une supplémentation en vitamine D et en calcium est couramment recommandée aux personnes à risque d'ostéoporose, en particulier les femmes ménopausées et les personnes âgées (Ross et al., 2011).
Prévention du cancer :
Le rôle des suppléments vitaminiques dans la prévention du cancer est complexe et varie selon le type de cancer. Certaines études suggèrent que certaines vitamines, comme la vitamine D, pourraient réduire le risque de cancers spécifiques, notamment le cancer colorectal. Cependant, d'autres études ont montré que des doses élevées de certaines vitamines, comme la vitamine E ou le bêta-carotène, pouvaient augmenter le risque de cancer dans certaines populations. L'Institut national du cancer ne recommande pas les suppléments vitaminiques comme moyen de prévention du cancer, soulignant plutôt l'importance d'une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes (Bjelakovic et al., 2012).
Déclin cognitif :
Les vitamines B6, B12 et le folate ont été étudiés pour leur rôle potentiel dans la prévention du déclin cognitif et de la démence, en particulier chez les personnes âgées. Ces vitamines aident à réduire les niveaux d’homocystéine, un acide aminé lié à un risque accru de déclin cognitif. Même si certaines études suggèrent que la supplémentation en vitamine B pourrait aider à ralentir le déclin cognitif, en particulier chez les personnes présentant des taux d'homocystéine élevés, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer les avantages à long terme (Smith & Refsum, 2016).
Diabète:
La vitamine D et le magnésium ont été étudiés pour leur rôle potentiel dans la prévention du diabète de type 2. On pense que la vitamine D améliore la sensibilité à l’insuline et la fonction des cellules bêta, tandis que le magnésium joue un rôle dans le métabolisme du glucose. Certaines études suggèrent qu'une supplémentation en ces nutriments pourrait réduire le risque de développer un diabète de type 2, en particulier chez les personnes présentant de faibles niveaux. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir des recommandations définitives en matière de supplémentation (Mitri et al., 2011).
Conclusion:
Les suppléments de vitamines peuvent aider à prévenir certaines maladies chroniques, notamment lorsqu’ils sont utilisés pour corriger des carences. Cependant, leur efficacité dans la prévention des maladies chroniques dans la population générale reste incertaine et les suppléments ne doivent pas remplacer une alimentation saine, riche en fruits, légumes, céréales complètes et protéines maigres. Il est important de consulter un professionnel de la santé avant de commencer tout régime de supplémentation, en particulier pour la prévention des maladies.
Références :
Bjelakovic, G., et al. (2012). Suppléments antioxydants et mortalité dans les essais randomisés : une revue systématique et une méta-analyse. JAMA.
Ross, A.C. et coll. (2011). Le rapport 2011 de l'Institute of Medicine sur les apports alimentaires de référence en calcium et en vitamine D : ce que les cliniciens doivent savoir. Le Journal d'endocrinologie clinique et du métabolisme.
Smith, AD et Refsum, H. (2016). Homocystéine, vitamines B et troubles cognitifs. Revue annuelle de la nutrition.
Mitri, J. et coll. (2011). Effets de la vitamine D sur la sensibilité à l'insuline et le diabète de type 2. Soins du diabète.